Fresnes – Éolienne domestique : « On a servi de cobayes »

Sur les hauteurs de Morville, difficile d’échapper à la vue exceptionnelle sur la plaine du fond des Ouches et à… l’éolienne de Gilles Marot, un habitant du village qui a choisi, il y a quelques années, de tenter le pari de l’éolien. Un choix qu’il regrette aujourd’hui. Rencontre.

À la sortie du hameau de Morville, on peut voir cette éolienne, située à 12 mètres de la villa, comme le préconise la loi. Photo Dominique RAGOT L’éolienne est fixée sur une base de 16 m³ de béton. Les branchements souterrains se relient dans le garage. Photo D. R. L'éolienne, située à 12 métres de la maison est fixée sur une base de 16 M3 de béton. Les branchements souterrains se relient dans le garage. Photo Dominique RAGOT

À la sortie du hameau de Morville, on peut voir cette éolienne, située à 12 mètres de la villa, comme le préconise la loi. Photo Dominique RAGOT L’éolienne est fixée sur une base de 16 m³ de béton. Les branchements souterrains se relient dans le garage. Photo D. R. L’éolienne, située à 12 métres de la maison est fixée sur une base de 16 M3 de béton. Les branchements souterrains se relient dans le garage. Photo Dominique RAGOT

Pourquoi y-a-t-il une éolienne dans votre jardin ?

«Lorsque j’ai fait construire ma maison en 2009, le réseau électrique n’étant pas encore en place, l’idée est venue tout naturellement de faire appel à un fournisseur d’énergie qui prône le respect de l’environnement. On était persuadés, l’entreprise et moi-même, de pouvoir fournir l’habitation en électricité d’une façon autonome. On a donc équipé notre maison de chauffage au sol et d’une cuisine électrique. L’installation a fonctionné pour des petites demandes (une lampe, la télé…). Puis elle s’est arrêtée définitivement au bout d’un mois et demi. »

Comment avez-vous réagi ?

« On a contacté la société qui nous avait équipés… Et là, surprise : elle avait fait faillite ! Une autre avait repris, mais pour déposer le bilan, trois mois plus tard… Aujourd’hui, nous ne savons plus vers qui nous tourner. »

Quel avenir pour votre éolienne maintenant ?

« Nous avons toujours espoir de la faire fonctionner à temps plein. Mais pour cela, il faudrait des vents constants. Or, ici, il y a des rafales. Mais on nous a certifié pourtant que ça allait marcher. »

Vous êtes en colère ?

« Bien sûr ! On y a cru, on est dégoûtés, on a servi de cobayes. Aujourd’hui, on n’y croit plus. Quand ils ont vu que ça ne marchait pas, ils ont voulu nous fournir en panneaux photovoltaïques ! L’État incite à s’équiper et vous offre des niches fiscales sur un investissement total de 26 000 € quand même… Les fournisseurs y croyaient. Mon éolienne a tourné un mois et demi. Au final ça coûtait trop cher pour faire marcher une seule chose. On a tenté le coup, mais c’est un coup qui coûte cher. On aurait mieux fait de se faire construire une piscine… »

Qu’attendez-vous aujourd’hui ?

« J’aimerais qu’EDF se branche sur le réseau pour récupérer ce que mon éolienne fournit déjà, et peut-être que l’on réagisse un peu par rapport à notre situation. On se sent abandonnés. On a le sentiment de se battre contre des moulins à vent. »

Ce qui aurait pu être une belle histoire s’est vite transformé en un véritable cauchemar.

Gilles Marot, le propriétaire de l’éolienne

Dominique Ragot (CLP)